La République Dominicaine

République Dominicaine

Après tout ce travail effectué depuis que nous avons quitté St Barth début novembre dernier, nous sommes euphoriques de reprendre la mer. Nous avons 1500 milles nautiques (environ 3000 km) en ligne droite à parcourir avant d’atteindre le Mexique. Premier arrêt, la République Dominicaine !

La navigation

Nous quittons St Martin sous un ciel bleu magnifique, la mer nous offre une multitude de nuances de bleus. Seule ombre au tableau, une houle disproportionnée par rapport à la force du vent. Nous tirons des bords qui nous amènent tranquillement au Nord Ouest puis Sud Ouest et ainsi de suite. Quelques heures après notre départ nous apercevons l’île d’Anguilla puis le lendemain soir nous longeons l’île de Puerto Rico.

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Les côtes de St Martin qui s’éloignent doucement.
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Et plus tard, celles d’Anguilla qui apparaissent.

Nous tenons une bonne forme, même si cette houle nous fatigue vite, nous sommes ballottés de droite à gauche dans un mouvement lent. Nous limitons les activités afin de nous préserver au maximum, pour moi lecture, manœuvres (avec Will bien sûr), cuisine et vaisselle.

Le plus dur est de cuisiner, il faut tenir les casseroles qui se baladent, fermer les hublots car le moindre souffle d’air éteint la flamme du gaz. Résultat une position très peu agréable et une chaleur qui peut vite rendre malade. Les plats sont simples, riz, pâtes, steaks hachés, œufs, légumes en boites, raviolis frais … Un soir, le vent était un peu plus faible et le bateau gîtait de plus belle, je venais terminer la cuisson du riz et avait servi les assiettes. Le temps que je donne son assiette à William, la mienne, restée sur la table du carré est partie voltiger sur la banquette … Je me suis mise à pleurer comme jamais, la fatigue certainement, je le sais, ce n’est pas bien glorieux.

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Avec William nous nous relayons à la surveillance extérieure ainsi l’autre peut se reposer à l’intérieur du bateau. Nous trouvons vite notre rythme, 4h chacun environ, les fameux quarts de nuit. Le jour, je reste dehors plus longtemps, William lui préfère le confort de la banquette de quart pour se reposer. Il faut dire qu’il est à deux doigts d’être malade, sous patch de scopolamine depuis le départ. De plus, en cas de problème ou d’avaries, il doit être prêt à agir, alors il s’économise un peu plus.

République Dominicaine

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Comité d’accueil de République Dominicaine.

Escale en République Dominicaine

Nous mettons trois jours et deux nuits pour atteindre l’île de Saona, en République Dominicaine où nous faisons un premier arrêt pour la nuit.
Cet arrêt me permet de mettre un coup de propre dans le bateau, de nous reposer bien sûr et de nous retrouver un peu tous les deux. Rien d’extraordinaire mais cela nous fait du bien de regarder un film ensemble et de cuisiner quelque chose de plus élaboré avec la cambuse stable.

Republique Dominicaine

Je passe de longs moments à admirer l’île de loin, c’est de toute beauté ! Vers 12h nous voyons une foule de catamarans arriver avec à leur bord des dizaines de touristes, vulgairement on les appelle les promène couillons. Nous les regardons passer médusés, leur raggaeton à fond et les touristes nous prennent en photo. Tequila ! Et vers 15h, plus personne, seulement quelques lanchas qui passent pour récupérer les sacs de déchets. Nous retrouvons enfin le calme dans cette ambiance paisible entre ciel et mer, avec au loin ce bout de terre splendide. Officiellement nous n’avons pas fait l’entrée administrative dans ce pays et nous n’avons pas le droit de quitter le bateau, ni même de poser l’ancre ici d’ailleurs.

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Nous reprenons la mer le lendemain matin après avoir avalé un café rapidement. L’idée est toujours d’avancer cap à l’ouest le plus possible tant que le vent nous porte. Jusqu’ici nous avons eu de 10 à 20 nœuds de vent arrière, ce qui est bien mais nous craignons toujours l’empannage, c’est souvent à deux doigts et il faut jouer avec le cap sans cesse.

Deux jours plus tard, plus du tout de vent et nous faisons un arrêt dans la baie de Salinas, mouillage particulièrement tranquille. Naïvement nous ne pensions pas faire l’entrée, rester sur le bateau et demander la météo aux pêcheurs via la VHF.

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Entrée dans la baie très fermée.

Je m’endors à peine pour une petite sieste quand j’entends un moteur s’approcher et des voix pas très accueillantes nous appeler. Je sors ma tête par le hublot arrière et aperçois quatre militaires dans une lancha qui semble être empruntée à des pêcheurs du coin. William sort et baragouine quelques mots en espagnol. Nous comprenons vite que nous sommes en situation illégale et qu ‘il faut faire l’entrée officielle. Les militaires nous donnent rendez-vous au petit port à quelques centaines de mètres de notre mouillage 1h plus tard.

Nous accostons Peter Pan au petit ponton qui ne paie pas de mine puis les militaires, l’agent de l’immigration et un agent anti-narcotique montent à bord. Ces messieurs fouillent le bateau pendant que l’agent de l’immigration rempli les papiers, tamponne nos passeports et nous demande la somme exubérante de 110 $US pour un séjour de 15 jours maximum. William essaye de négocier mais le chef des militaires hausse le ton. Notre espagnol est vraiment trop pauvre pour pouvoir se faire comprendre et nous nous résignons à payer. Nous serons d’ailleurs très étonnés d’apprendre qu’un couple d’espagnols arrivés dans la baie quelques jours après nous, ont dû payer eux 200 $US dans un autre port.

A ce prix nous comptons bien profiter de la terre ferme et de retour au mouillage nous mettons l’annexe à l’eau illico presto ! La petite marina donne sur un hôtel qui semble assez luxueux, nous nous y rendons pour prendre quelques infos sur cette petite ville qu’est Salinas. En gros, il y a une rue principale avec quelques commerces d’alimentation et des restaurants, c’est tout. Pour trouver une banque il faut prendre un bus et se rendre dans la ville voisine de Baní. Tant pis, nous ferons avec ce que nous avons, ça limitera nos dépenses ici.

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Les salines, à la sortie de la ville.

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L’hôtel propose des prix attractifs pour les consommations et l’accès à la piscine, seul l’accès internet est très cher, 5 $US par personne. Le gérant est fort sympathique et nous autorise à laisser notre dinghy à la marina et à passer par l’hôtel pour nous rendre en ville.

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Salinas et ses habitants sont très agréables et le coût de la vie est très bas. Une ambiance tranquille mais festive règne ici et le reggaeton s’écoute à fond nuit et jour.

Le lendemain de notre arrivée nous nous offrons une journée de farniente à la piscine de l’hôtel (4 $US) afin de profiter d’internet pour régler quelques problèmes administratifs avec la banque de William, prendre la météo et vérifier les prix d’entrée des prochaines escales potentielles. Et effectivement pour la République Dominicaine nous nous sommes bien fait avoir !

République Dominicaine

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Le départ sera fixé quelques jours plus tard, pour cela nous nous rendons à la pointe de la baie, au bureau des militaires pour prendre rendez-vous au vue de la sortie. Nous emportons un pique nique et profitons de la plage avoisinante par la même occasion.

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Le lendemain matin, nous retrouvons les mêmes personnages au ponton de la marina. Cette fois l’agent de l’immigration nous demande 40 $US, William d’un ton très calme lui explique que nous avons largement payé les frais d’entrée et de sortie à notre arrivée et qu’il n’est pas question de donner 1$ de plus. L’agent acquiesce gentiment, tamponne notre sortie et nous repartons tranquillement voguer encore et toujours cap à l’ouest !

Salty kiss,
La paresseuse

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